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Prix Boëllmann-Gigout

Prix international Boëllmann-Gigout d'improvisation à l'orgue

 

 

L'édition 2010 du prix international Boëllmann-Gigout d'improvisation à l'orgue
aura lieu au Conservatoire de Strasbourg*, comme suit :

  • Épreuve éliminatoire : 22 avril 2010
  • Demi-finale : 29 mai 2010 à 9h
  • Finale : 29 mai 2010 à 20h

Il s'agit d'un concours ouvert à tous les organistes français et étrangers âgés de moins de 50 ans le jour du concours. Le lauréat remporte 3000 euros.

La finale se déroule sous forme de concert public dont l'entrée est libre dans la limite des places disponibles. 


 
 
* Orgue III/26 jeux de la manufacture d’orgues Muhleisen de Strasbourg
 

Règlement du concours  

  1. La Ville de Strasbourg institue le Prix International Boëllmann-Gigout mis au concours par son Conservatoire. Ce prix est une récompense de haut niveau destinée, en exécution des dispositions testamentaires de Marie-Louise Boëllmann-Gigout, à encourager l’art de l’improvisation à l’orgue.

  2. Le prix ne peut être partagé. Il n’est pas décerné de second prix, ni d’accessit, mais le jury peut attribuer une ou plusieurs mentions d’honneur, s’il le juge utile. Si le prix n’est pas décerné, la somme correspondante est reportée au budget de la Ville en vue d’une attribution ultérieure.

  3. Le concours est ouvert à tous les organistes français et étrangers âgés de moins de 50 ans le jour du concours. En cas d’un nombre insuffisant de candidats, le concours est reporté à l’année suivante.

  4. Le Prix est attribué tous les deux ans, à l’issue d’un concours public se déroulant fin mai/début juin. Les dates exactes et les modalités pratiques du concours sont communiquées aux candidats dès réception de leur demande d’inscription.

  5. L’épreuve éliminatoire consiste en l’exécution d’une pièce imposée : Prélude en ré mineur (sans la fugue) extrait des Trois préludes et fugues opus 37 de F. Mendelssohn, et deux improvisations du candidat sur des thèmes communiqués en temps voulu par le Conservatoire. L’une des deux improvisations consistera en l’harmonisation d’un choral, suivie de quatre variations. L’autre improvisation, sur thème imposé, consistera en une forme libre choisie par le candidat. Cette épreuve sera enregistrée sans montage sur CD, et son authenticité devra être certifiée sur l’honneur par la personne ayant accompli l’enregistrement et par le candidat.

  6. Le jury de cette épreuve éliminatoire est composé de deux organistes extérieurs à Strasbourg et du Directeur du Conservatoire de Strasbourg ou son représentant. Ce jury établit un procès-verbal de l’admission définitive au concours.

  7. Le jury du concours est composé de deux personnalités musicales étrangères, deux personnalités musicales françaises et du Directeur du Conservatoire de Strasbourg ou son représentant, président. Le procès-verbal établi par ce jury, à l’issue de la finale, constitue le document faisant foi pour l’attribution du titre et pour le versement du Prix par la Ville de Strasbourg.

  8. Les jurys sont maîtres de leurs délibérations et de leurs modes de vote qui doivent rester secrets. Les décisions des jurys sont inattaquables. Le professeur d’un candidat ne peut accepter de siéger aux jurys.

  9. Les épreuves se dérouleront sur l’un des prestigieux instruments de la Ville de Strasbourg. L’ordre de passage des candidats devant être tenu secret, il sera déterminé par tirage au sort.

  10. La demi-finale a lieu à huis clos. Le programme comprend :
    1 - L’interprétation d’une pièce imposée, différente de celle des éliminatoires : 1re Sonate en trio de J.S. Bach  (premier mouvement).
    2 - Une improvisation de dix minutes maximum sur un thème de choral ou un thème de style grégorien (les deux thèmes sont communiqués 30 minutes avant l’épreuve).
    3 - Une improvisation de dix minutes maximum dont la forme est au choix du candidat (le thème sera communiqué 30 minutes avant l’épreuve).

  11. L’épreuve finale est publique. Elle comprend deux improvisations (préparation : 30 minutes) :
    1 - Une improvisation d’une durée maximale de 12 minutes dans l’une des formes suivantes, au choix du candidat : prélude et fugue, passacaille, sonate. Deux thèmes sont proposés. Le candidat utilise l’un des deux thèmes ou les deux.
    2 - Une improvisation libre d’une durée de 12 minutes maximum sur un texte littéraire imposé.

  12. Les enregistrements restent la propriété du Conservatoire. Il ne sera rendu aucun exemplaire aux candidats.

Rules (English version)

Statut (auf Deutsch)

 

Le jury

Le jury du Concours Boëllmann-Gigout se composera, en 2010, des personnalités suivantes :
Jean-Paul Baumgartner, représentant Marie-Claude Ségard, Directeur du Conservatoire de Strasbourg, Président
Daniel Roth, Paris (France)
Loïc Mallié, Lyon (France)
Guy Bovet, Neuchâtel (Suisse)
Jürgen Essl, Stuttgart (Allemagne)
Les épreuves se dérouleront à l’orgue* de la Cité de la musique et de la danse de Strasbourg.

* Orgue III/26 jeux de la manufacture d’orgues Muhleisen de Strasbourg

 

Pour s'inscrire au concours

Retourner le bulletin d'inscription avant le 1er mars 2010 au Conservatoire de Strasbourg :

Conservatoire
Cité de la musique et de la danse
1 place Dauphine
F - 67076 STRASBOURG CEDEX

 

 

Qui était Marie-Louise Boëllmann-Gigout ?

Marie-Louise Boëllmann-Gigout (1891-1977) était la fille de l’Alsacien Léon Boëllmann, compositeur de la célèbre Suite Gothique pour orgue, qui avait épousé Mademoiselle Lefebvre, petite fille de Niedermeyer.
A l’âge de six ans, orpheline de père et de mère, elle fut recueillie par son grand-oncle Eugène Gigout, organiste de Saint-Augustin et professeur au Conservatoire de Paris, qui fut pour elle un père et un maître.
Elle était non seulement musicienne, mais elle avait une véritable vocation de pédagogue, enseignant l’orgue et le piano. Marie-Louise Boëllmann avait l’autorité naturelle, le rayonnement chaleureux et un coeur immense. Elle était pleine d’esprit et extraordinairement attentive aux besoins les plus divers de ses élèves, de ses amis. Elle était très habile à dénouer pour eux d’innombrables problèmes épineux. On ne peut compter les éminents services qu’elle a rendus aux uns et aux autres.
Marie-Louise Boëllman-Gigout avait secondé René Nicoly lors de la création des Jeunesses Musicales de France, et Claude Delvincourt au Conservatoire National, aidé Madame de Chambure pour la Société de Musique d’Autrefois. Elle avait tendu la main à beaucoup d’amis, sa grande bonté lui ouvrait les coeurs. Elle se passionnait pour les jeunes musiciens, surtout ceux qui pouvaient composer, improviser.  Elle soutenait les compositeurs et était amie de plusieurs d’en­tre eux : Gabriel Fauré, son parrain, Messager, Saint-Saëns, les anciens élèves de l’École Niedermeyer (son arrière grand-père), et ceux qui étaient ses contemporains et ses cadets.
Pendant la guerre 1939-1945, Marie-Louise Boëllmann ne s’avoua jamais vaincue. Elle suivit le Général de Gaulle dès le 18 juin 1940. De chez elle, à son piano, elle collabora à cette lutte clandestine. C’est grâce à elle et à Claude Delvincourt que les élèves du Conservatoire de Paris, qui étaient mobilisés pour le travail obligatoire en Allemagne nazie, purent échapper à ce départ forcé.
En 1945, elle fut citée à l’Ordre de la Division par le Général Juin, Chef d’État Major Général de la Défense Nationale. Cette citation qui comporte l’attribution de la Croix de Guerre avec l’Etoile d’Argent est la suivante : « Marie-Louise Boëllmann, d’un dévouement à toute épreuve, a rendu de grands services à divers organismes de la Résistance. A facilité le départ en Angleterre de nombreux patriotes. A fourni des renseignements de source allemande de la plus haute importance ».
Marie-Louise Boëllmann a été arrêtée à son domicile par la Gestapo en juillet 1944 et conduite à la prison de Fresnes. D’une débrouillardise remarquable, elle réussit à s’échapper le 15 août 1944 d’un train qui était en partance (avec 3000 autres prisonniers), pour le camp de déportés de Ravensbrück.
Son courage ne fut jamais ébranlé malgré sa santé très éprouvée par la guerre et par son action de Résistance, et elle continua sa carrière d’enseignante jusqu’en juillet 1977.
C’est en partant pour ses vacances d’été qu’elle décéda subitement à son passage à Zürich.

Marie Dufour, organiste à Lausanne