AccueilLe conservatoire de Strasbourg | Actualités | Prix Boëllmann-Gigout
L'édition 2010 du prix international Boëllmann-Gigout d'improvisation à l'orgue
aura lieu au Conservatoire de Strasbourg*, comme suit :
Il s'agit d'un concours ouvert à tous les organistes français et étrangers âgés de moins de 50 ans le jour du concours. Le lauréat remporte 3000 euros.
La finale se déroule sous forme de concert public dont l'entrée est libre dans la limite des places disponibles.
Le jury du Concours Boëllmann-Gigout se composera, en 2010, des personnalités suivantes :
Jean-Paul Baumgartner, représentant Marie-Claude Ségard, Directeur du Conservatoire de Strasbourg, Président
Daniel Roth, Paris (France)
Loïc Mallié, Lyon (France)
Guy Bovet, Neuchâtel (Suisse)
Jürgen Essl, Stuttgart (Allemagne)
Les épreuves se dérouleront à l’orgue* de la Cité de la musique et de la danse de Strasbourg.
* Orgue III/26 jeux de la manufacture d’orgues Muhleisen de Strasbourg
Retourner le bulletin d'inscription avant le 1er mars 2010 au Conservatoire de Strasbourg :
Marie-Louise Boëllmann-Gigout (1891-1977) était la fille de l’Alsacien Léon Boëllmann, compositeur de la célèbre Suite Gothique pour orgue, qui avait épousé Mademoiselle Lefebvre, petite fille de Niedermeyer.
A l’âge de six ans, orpheline de père et de mère, elle fut recueillie par son grand-oncle Eugène Gigout, organiste de Saint-Augustin et professeur au Conservatoire de Paris, qui fut pour elle un père et un maître.
Elle était non seulement musicienne, mais elle avait une véritable vocation de pédagogue, enseignant l’orgue et le piano. Marie-Louise Boëllmann avait l’autorité naturelle, le rayonnement chaleureux et un coeur immense. Elle était pleine d’esprit et extraordinairement attentive aux besoins les plus divers de ses élèves, de ses amis. Elle était très habile à dénouer pour eux d’innombrables problèmes épineux. On ne peut compter les éminents services qu’elle a rendus aux uns et aux autres.
Marie-Louise Boëllman-Gigout avait secondé René Nicoly lors de la création des Jeunesses Musicales de France, et Claude Delvincourt au Conservatoire National, aidé Madame de Chambure pour la Société de Musique d’Autrefois. Elle avait tendu la main à beaucoup d’amis, sa grande bonté lui ouvrait les coeurs. Elle se passionnait pour les jeunes musiciens, surtout ceux qui pouvaient composer, improviser. Elle soutenait les compositeurs et était amie de plusieurs d’entre eux : Gabriel Fauré, son parrain, Messager, Saint-Saëns, les anciens élèves de l’École Niedermeyer (son arrière grand-père), et ceux qui étaient ses contemporains et ses cadets.
Pendant la guerre 1939-1945, Marie-Louise Boëllmann ne s’avoua jamais vaincue. Elle suivit le Général de Gaulle dès le 18 juin 1940. De chez elle, à son piano, elle collabora à cette lutte clandestine. C’est grâce à elle et à Claude Delvincourt que les élèves du Conservatoire de Paris, qui étaient mobilisés pour le travail obligatoire en Allemagne nazie, purent échapper à ce départ forcé.
En 1945, elle fut citée à l’Ordre de la Division par le Général Juin, Chef d’État Major Général de la Défense Nationale. Cette citation qui comporte l’attribution de la Croix de Guerre avec l’Etoile d’Argent est la suivante : « Marie-Louise Boëllmann, d’un dévouement à toute épreuve, a rendu de grands services à divers organismes de la Résistance. A facilité le départ en Angleterre de nombreux patriotes. A fourni des renseignements de source allemande de la plus haute importance ».
Marie-Louise Boëllmann a été arrêtée à son domicile par la Gestapo en juillet 1944 et conduite à la prison de Fresnes. D’une débrouillardise remarquable, elle réussit à s’échapper le 15 août 1944 d’un train qui était en partance (avec 3000 autres prisonniers), pour le camp de déportés de Ravensbrück.
Son courage ne fut jamais ébranlé malgré sa santé très éprouvée par la guerre et par son action de Résistance, et elle continua sa carrière d’enseignante jusqu’en juillet 1977.
C’est en partant pour ses vacances d’été qu’elle décéda subitement à son passage à Zürich.
